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 William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)

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William Van Aken

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MessageSujet: William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)   Ven 28 Nov - 20:39

William Adriaan Jeroen Van Aken ∞


1) Identité

∞ Nom : Van Aken

∞ Prénom(s) : William Adriaan Jeroen

∞ Date de naissance : 13 février 1804 (26 ans en apparence, 214 ans en réalité)

∞ Signe du zodiaque : Verseau

∞ Lieu de naissance : Hoorn (Pays-Bas)

∞ Lieu de résidence : Depuis 5 ans, j’ai acquis un ravissant cottage au Pays de Galles. A l’écart de tout, je vis en plein cœur du parc national de Snowdonia, et face à la Manche, non loin de la ville charmante de Portmeirion.

∞ Statut :
Vampire

∞ Classe sociale :
Les vampires peuvent être des nomades qui parcourent le pays (le monde ?) sans jamais se poser de manière définitive. Animaux sauvages, ils dorment dehors, se nourrissent des pauvres êtres qui croisent leur route et n’ont aucun code sociaux.

Certains prennent l’éternité qui s’offre à eux pour « développer leur réseau social » et prospérer. Ne voyez pas cela comme une entreprise, voyez plutôt cela comme un pari sur l’avenir. Ces individus collectionnent alors l’argent comme les enfants collectionnent les pence et vivent dans le luxe et la luxure. D’autres peuvent encore vivre dans l’opulence sans faire trop de frasques… Nous dirons donc que comme les hommes, chaque vampire à sa manière d’exister.

Pour ma part, après une vie humaine luxueuse, je vis désormais modestement par simple désir de passer incognito dans la masse. Je n'utilise donc qu'une maigre partie de mon pécule qui dort dans un coffre-fort et vit essentiellement sur les revenus de mon travail. Le seul extra que je me suis permis dort dans le garage de mon humble cottage, il s'agit d'une Nissan 350Z. J’avoue avoir un faible pour les voitures de sport… beaucoup de « jeunes » vampires ont ce péché mignon. Toutefois, je l'utilise rarement et préfère me déplacer avec ma Ford Zodiac MKII de 1958.

∞ Métier :
J'enseigne une matière nommée
Mythes, légendes et symbolisme à l'université de Bangor (Pays de Galles) aux étudiants des cursus littéraires.

∞ Avatar :
Matt Dallas (25 ans)


∞ Description physique :
La mort et la résurrection apportent des modifications non négligeables à votre apparence physique. Peut-être que les heures et les jours d'agonie qui transforment votre corps en un cadavre ambulant en est la cause. Vous quittez votre condition d'être humain pour devenir une créature de la nuit, bestiale et inhumaine, et au passage, vous corrigez les erreurs physiologiques et morphologiques qui étaient votre héritage génétique afin de laisser place à un mélange déstabilisant de perfection.

De mon vivant, je n'ai jamais eu la prétention d'être un être exceptionnellement beau. Sans être tout à fait banal, les gens ne se retournaient tout de même pas sur mon passage lorsque je déambulais dans la rue. Si ma taille était et reste imposante (1,92m), ma carrure était et reste plutôt filiforme. Quand à ma musculature, car j'entends déjà ces dames se demander comme je suis bâti, elle était plutôt discrète de mon vivant et mieux dessinée dans la mort. Un petit bonus que l'immortalité m’a apporté...

Nous, les vampires, sommes séduisants. Telle une plante carnivore, nous attirons les humains autant que nous les effrayons. La transformation va dans ce sens, le corps s'affine, les muscles se redessinent, les traits deviennent moins grossiers, une aura de charisme se dégage de nous... tout est fait pour attirer les gens, les victimes... Même notre odeur les envoûte. Alors, aujourd’hui je peux dire que les gens se retournent sur mon passage, pour peu qu'ils ne possèdent pas un instinct de survie trop développé qui les incite à être effrayer et à fuir à toute allure.

Mes yeux sont bleus, tels deux saphirs, et ils ont su garder leur expression de jadis... douce et innocente. Toutefois, leur couleur varie en fonction de mon humeur, ou du moins, de ma faim.... Si la faim me guette, entendez par là, si je n’ai pas suffisamment consommé d’hémoglobine, ils se foncent à en devenir aussi noir que de l'encre... un noir ténébreux et déstabilisant.

Ma « non » vie, ne m'a pas permis de perdre ma bouille espiègle et enfantine… Elle n'était déjà pas en adéquation avec mon caractère de mon vivant, elle l'est encore moins maintenant que je suis potentiellement un tueur sanguinaire. Qui pourrait croire en voyant mon faciès que je suis mort à 26 ans et que j’ai maintenant deux siècle derrière moi ? Et qui pourrait s’imaginer que d’un simple geste je pourrai tuer un homme aussi facilement qu’on brise une brindille de bois sèche ?
Mes cheveux d'un noir de jais ont toujours un mal fou à se dompter sous l'action d'une brosse... A croire que la mort n'apporte pas une solution à tout.

Enfin, ma peau pâle, qui devenait hâlée l'été venu et d'une douceur que sa mère qualifiait (à mon grand agacement) de « peau de bébé », est maintenant blanche, limite translucide, figée dans ma 26ème année, dure et lisse comme le marbre et gelée comme la glace…

Ni sueur, ni larmes, ni sang… tout est mort en nous.

Si votre physique change énormément, vous
acquérez également une ouïe plus fine,
une vision plus nette, un odorat plus développé... Ah l'odorat... je me
damnerai encore plus pour le perdre...
J'avoue aussi, et avec une certaine fierté, que cette « non » vie vous permet d'obtenir agilité, dextérité et fiabilité… Comme le bon vin, on se bonifie avec l'âge. Aucun geste maladroit, il n'y a que grâce et beauté dans mes mouvements et je n'ai absolument rien de bestial… enfin toujours dans mes bons jours. Car comme dirait le dicton « chasser le naturel, il revient au galop ». Bref, la condition de vampire a des atouts certes non négligeable mais... cela ne rend pas un homme forcément heureux...

∞ Baguette : Aucune... Les vampires ne possèdent pas de baguette magique... Sauf s'ils étaient eux-mêmes sorciers dans leur « première vie » Ce qui est rare... très rare... car les sorciers se laissent rarement
« initier »
Notons toutefois que je n'ignore pas l'existence des sorciers car comme nous, ils sortent tout droit du fantastique... De ce que les Moldus nomment « l'imaginaire ».


2) Personnalité


∞ Caractère : Je peux aisément passer pour une personne indifférente et égocentrique car je suis peu démonstratif et pas du tout exubérant. En effet, je suis plutôt introverti sur les bords et j’ai quelques relents de timidité qui font surface à l’occasion (reste d’humanité que je tente de subsister).
J'apparais donc facilement froid, distant, voir hautain, mais ce n'est qu'une carapace hermétique qui m'évite les « dérapages ». En effet, lorsque vous devez lutter continuellement contre vos instincts, il est préférable de garder une certaine distance avec les individus que vous côtoyez, surtout lorsque ces derniers sont humains. Paradoxalement, j'apprécie apporter mon aide, ma réflexion et mon savoir à ceux qui en ont besoin et j’ai une grande courtoisie qui me vient de mon éducation d’antan.

Pas très loquace (vous l’aurez deviné), j'ai la mauvaise manie de meubler les conversations avec des regards et des mimiques qui me sont propres mais lorsque je consens à ouvrir la bouche, je suis généralement agréable et à l’écoute de mon émetteur. Toutefois, tout comme mon physique, ma voix est un baryton qui tente d’attirer les humains dans mes filets, alors, je prends garde de toujours maintenir une distance de sécurité avec mes interlocuteurs.

J'avouerai également, et avec une once de gêne, qu'il m'arrive d'avoir une forte tendance à m'abandonner à la mélancolie. Les bribes du passé sont pour moi une guigne qui me hante et me torture et pourtant, je m’accroche à eux pour ne pas perdre mon humanité et pour ne pas commettre deux fois les mêmes erreurs. Pour éviter tout égarement, mes choix sont généralement réfléchis et rarement pris à la hâte. Je compare toujours une situation à une autre, ce qui renforce les souvenirs du passé et ce qui m’enfonce dans la nostalgie.

Je pourrai également ajouter que j’étais romantique… J’utilise l’imparfait car je pense qu’avec ma condition, il n’est plus envisageable d’imaginer une quelconque romance ou histoire d’amour extraordinaire même si cette facette brûle encore en moi. En effet, les êtres humains sont une tentation trop grande pour penser à un éventuel rapprochement. Même si je dompte aisément mes instincts, même si je contrôle ma dextérité et même si j’ai pris le parti de ne jamais me nourrir de sang humain, ils sont et restent mortels. S’attacher à eux revient à se damner encore et encore et à souffrir encore et encore. De plus, nous mettons à la lumière notre condition avec les risques que cela engendre pour eux et pour nous.
Quant aux femelles de mon espèce, elles sont bien trop volages et animales pour que j’y trouve un quelconque réconfort. Nous vivons généralement seul, certain parviennent à vivre en couple, mais qui pourrait accepter mon mode de vie ? Celui d’être « végétarien » ? Les humains me craignent pour ce que je suis et les vampires me dénigrent pour mes choix… Je préfère donc m’éloigner et vivre seul, dans le calme de ma maison reculée, loin de l'effervescence de la ville…
Avouez que tout cela renforce mon côté discret et réservé ?

∞ Aime : Aimer… le concept en soi peut paraître étrange quand on est un vampire car les sentiments ont quelques difficultés à resurgir des ténèbres. Ces ténèbres qui vous happent lors de votre renaissance et qui mettent au second plan vos émotions jadis humaines.

L’amour est un sentiment envers un être ou une chose qui pousse les personnes qui le ressentent à adopter un comportement, plus ou moins rationnel, les entraînant principalement à rechercher une proximité pouvant être tendre, physique, passionnée, intellectuelle, spirituelle, voire imaginaire, vis-à-vis de l'objet de cet amour. L'amour peut être, selon la situation, faible, fort ou obsessionnel. Selon ces critères, il peut être plus ou moins contrôlé par la personne qui le ressent. Lorsqu’on devient vampire, la seule chose que l’on aime, que l’on désire… C’est le sang !

Il devait y avoir une chose en moi qui ne fonctionnait pas bien… Ou alors était-ce ce lien avec ma sœur qui m’a sauvé… Car je n'ai pas perdu totalement mon humanité et j'aime encore les choses simples. Des choses tellement simples qu’elles peuvent paraître futiles aux yeux des humains… mais tellement incompréhensibles à ceux des vampires.
En effet, j’aime les couchers de soleil sur la mer, les nuits de pleine lune, fumer une cigarette sur le perron de ma maison, la vitesse ou encore le cheval. Pour ce dernier, j’avoue que je le préfère saignant plutôt que moi monté dessus… J'aime également enseigner et vous comprendrez pourquoi dans la suite de mon récit.

J’aimais, j’aime et j’aimerai toujours ma sœur et les souvenirs de ma famille… Quel vampire peut glaner cela ? Eux qui une fois revenu sur terre renient père et mère… Se délectant du sang de leurs enfants, de leurs amis…


∞ N'aime pas :
Je n'aime pas le temps qui s'égraine… le temps est un ennemi invisible et invincible… Même si pour moi, il a baissé les armes.

Je ne supporte pas les souvenirs du passé qui se plaisent à ressurgir dans ma tête au moment le moins propice pour me torturer encore et encore et paradoxalement, je m’accroche à eux pour ne pas sombrer dans la folie animale qui tiraille mon être.
J’exècre de devoir faire des choix cornéliens… en effet, même si notre esprit est vif lorsque nous sommes vampires, il est horrible de faire un choix entre deux possibilités ressenties toutes les deux comme des devoirs.
J’abomine me voir perdre le contrôle, succomber à ma nature première (l'homme n'est pas infaillible et le vampire encore moins) et encore moins devoir faire des choix cornéliens.

∞ Loisirs : J'ai tenté de garder majoritairement des loisirs humains, ceux qui berçaient ma vie en 1830… J’apprécie donc le théâtre, les concerts de musique classique, la lecture et l’écriture. J’aime les jeux de cartes tel que le Whist ou le Baccara mais… cela fait près de cent quatre-vingt ans que je n’ai pas eu la chance d’y jouer.
Moi-même pianiste, je prends beaucoup de plaisir à jouer et rejouer des mélodies de mon existence passé mais j’ouvre également mon répertoire aux compositions des époques que je traverse.

Vous l’aurez peut-être deviné grâce à cette liste non exhaustive, ma famille (de mon vivant) avait un certain niveau social où l’art et la culture étaient roi et reine.

Via ces activités, je tente de garder un pied dans la réalité humaine mais ce n’est pas pour cela que je dénigre les loisirs de mon espèce. J’aime la chasse et la traque, bien que dans mon cas, je chasse uniquement du gibier animal. La vitesse que me confère ma condition m’enivre et je prends un grand plaisir à courir aussi vite que cela m’est possible dans des étendues arides et sauvages. Bon, je vous l'accorde, courir n'est pas un loisir typiquement lié aux vampires mais notre manière de courir... Enfin, vous verrez par vous-même (peut-être).


Dernière édition par William Van Aken le Dim 8 Fév - 15:55, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)   Dim 7 Déc - 15:17

3) Histoire

Famille : Je pense qu'il faut faire simple et rester clair car les méandres d'une famille peuvent parfois atteindre des proportions démesurées et totalement absurdes. Je prends donc le parti de vous parler de ma famille proche à savoir feus mes parents et ma sœur jumelle, tous originaires des Pays-Bas.

Henrick Van Aken était donc mon père, né en 1767, c'était un diplomate reconnu qui avait pour ambition de devenir Ambassadeur. Le rang de sa famille lui permit un accès à une éducation de grande qualité. Tout d'abord, il reçut une éducation privée à son domicile, par son père et des précepteurs, puis s'établit à l'université de Leyde où il suivit des études de juriste. L'université de Leyde est la plus ancienne des universités néerlandaises et la faculté de droit existe depuis sa création en 1575. Elle était, et est toujours, très réputée et a été fréquentée par plusieurs membres de la famille royale des Pays-Bas. Il acheva son cursus de droit en partant à Breden et obtient peu de temps après son doctorat puis débuta ses missions diplomatiques pour la monarchie.

Christa Godschalck van Focquenbroch, ma mère, est née en 1776. C''était une femme exceptionnelle à mes yeux. Elle avait fait des problèmes éducatifs l'un de ses centres d'intérêts principaux. Romancière d'exception, elle souleva dès ses premiers romans des questions concernant l'éducation. Dans la vie, elle s'employait à former des jeunes gens et des jeunes filles de son entourage à qui elle exposait ses idées, dispensait ses conseils et transmettait son savoir au travers de nombreuses lettres.

Cathelijn Van Aken était ma soeur jumelle et je suis fier de dire aujourd'hui encore que j'étais son aîné de 8 minutes. D'une douceur sans pareil, je pense que mon faciès trop enfantin était un plaisir à regarder chez elle. Nous ne pouvions nier notre ressemblance qui allait bien au-delà du simple « air de famille ». Ma sœur, tout comme moi, eut la chance de suivre des études supérieures. Elle adorait la littérature et voulait devenir enseignante afin de poursuivre les efforts incommensurables de notre mère dans le domaine de l'éducation. Elle a réalisé ce rêve… et aujourd’hui, depuis près de 200 ans, je le poursuis pour elle.

Dois-je vous préciser… qu'ils sont, à ce jour, tous morts ? Je ne pense pas hélas… Mais vous pourrez certainement retrouver des traces de la famille Van Aken au Pays-Bas ou en Belgique à ce jour encore. Bien que moi-même, ignore leur existence, je ne doute que nous ayons su garder notre nom dans nos terres natales.


Parcours du personnage :

Hoorn – 1804 : Insouciance

1804… année de ma naissance. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, c'était un 13 février… Je poussai mon premier cri et fut suivi 8 minutes plus tard par celle qui sera pour moi la personne la plus importe de ma vie… ma sœur. Cathelijn. D'ailleurs, la suite de mon récit ne sera pas à la première personne du singulier mais à la première personne du pluriel car il ne sert pas à grand-chose de nous différencier dans un premier temps. Nous… Cathelijn et William… nous étions un tout.

D'une famille pour le moins aisée, nous avons grandi sans nous soucier de l'avenir. Du moins, dans un premier temps. Quiétude et douceur furent les maîtres mots de notre enfance. Il ne put en être autrement, nous vivions dans une bourgade reculée et nous n'accompagnons que rarement nos parents aux dîners mondains que les fonctions de mon père leur imposaient. Nous passions donc nos soirées avec la nurse, parcourant les mondes irréels et fantastiques que nous nous inventions et dans notre cocon douillet, nous étions les rois du monde.

J'avais une imagination débordante et ma sœur une plume assurée. Dès que nous eûmes apprit les prémices de l'écriture, cette dernière couchait mes idées farfelues sur le papier pour en faire pièces de théâtre et contes pour enfant. Enfants que nous étions…

Adolescents, nous quittions le confort de la maison et nos précepteurs, pour rejoindre la ville et l'école privée qui venait de s'y ouvrir. Encore des années d'insouciance même si insouciance ne rimait pas forcément avec ignorance. Nous étions des élèves studieux et amassions les reconnaissances en tout genre.

Toutefois, découvrir le monde extérieur nous intimidait quelque peu et renforçait notre fusion maladive qui depuis la naissance ne daignait nous quitter. Nous franchissions donc main dans la main les étapes de la vie sans jamais nous séparer.


Leyde – 1824 : Découverte


L'heure de l'université sonna son glas, il ne pouvait en être autrement pour nous, nous devions suivre les traces de notre père. En 1824, nous regagnâmes alors la ville de Leyde et embrassâmes les bras ouverts les études supérieures. Cette ville chargée en histoire, avec ses moulins à vent, son château et ses parcs étaient à nouveau source d'inspiration pour moi et de satisfaction pour ma sœur.

Attiré par l'histoire, j'étudiais cette matière avec acharnement pendant que ma sœur se livrait au cours de littérature avec une hargne non dissimulée. Nous étions la fierté de nos parents, bien que ces derniers se souciaient de notre avenir sentimental. Cathelijn était une femme de savoir et n'envisageait pas le mariage par convention, d'ailleurs j'étais son plus grand soutien dans ce domaine, et m'y opposais fermement. De mon côté, même si quelques conquêtes s'affichaient à mon tableau de chasse, je n'eus jamais la prétention de vouloir me marier, aucune femme n'ayant touché suffisamment mon âme et mon cœur pour cela. Les années passèrent et se ressemblèrent. Sans difficulté, nous obtînmes nos diplômes et passâmes nos années avec brio. Rien, n'aurait jamais pu venir déranger nos habitudes, notre train-train quotidien. Rien… sauf peut-être la mort.

En effet, notre vie bascula le soir du 3 octobre 1830, nous avions à l'époque 26 ans...


Leyde – 1830 : Tragédie


Malgré la révolution qui faisait rage depuis que la Belgique réclamait son indépendance, la Fêtes du 3 octobre qui commémorait et commémore toujours la fin du siège espagnol de la ville en 1574, battait son plein. Leyde était en fête. Et pas seulement elle…

Nous étions studieux, certes, mais loin d'être de jeunes gens apathiques et nos 26 printemps nous donnaient des ailes dans les soirées que nous avions fuies enfants. Ce soir là, alors que nous rentrions d'une soirée arrosée et palpitante, nous fûmes attaqués par un groupe de malfaiteurs. Un groupe… de malfaiteurs… laissez-moi rire un instant. Ce que j'avais pris pour des malfaiteurs n'en étaient pas au sens propres du terme. Leur démarche féline, leur maintient animal et sauvage, leur regard sombre et assoiffé… Assoiffé, tel était le terme exact ! Leur comportement montrait distinctement qu'ils s'agissaient de prédateurs, de chasseurs, d'animaux… et non d'hommes ! Mais, loin de notre monde idyllique et féerique, loin de notre cocon, loin de nos protections, comment aurions nous pu, ne serait-ce qu'imaginer, que des « hommes » puissent agir comme des animaux ? Certes nous n'étions pas sots ! Les attaques étaient courantes, les meurtres également mais ça ? Non, ce n'était pas envisageable…

Tout se passa très vite, trop vite d'ailleurs… Je n'en garde qu'un souvenir sourd et aveugle. Un souvenir fade, vu par mes yeux d'humain… L'un des hommes se dirigea vers moi, l'autre semblait observer de loin. Plaquant ma main sur le côté, raide et tremblante, j'hurlai à Cathelijn de fuir, ce qui entraîna l'hilarité de celui qui s'avançait. Elle se rebiffa et je lui lançai un regard sans appel. Elle acquiesça d'un signe de tête, elle avait compris, puis elle détala à toute jambe. J'ignore si elle comptait rentrer chez nous directement ou prévenir les forces de l'ordre en s'arrêtant au poste le plus proche… J'avais d'autres préoccupations en tête… Je ne voulais pas que cet homme s'approche de ma sœur et la traque.

Peut-être aurez-vous compris, à l'époque j'avoue que moi non, le malfaiteur qui se dressait devant moi n'avait rien d'humain et vous devez trouver ma tentative de protection vaine ? Et pourtant…

L'homme se jeta sur moi et me renversa en arrière. Tombant de toute ma hauteur, ma tête cogna fortement sur le sol en pierre. Le bruit fut assourdissant et dans mon crâne une douleur vive naquit. Je distinguai à peine la silhouette de ma sœur qui s'échappait de la rue mais je fus soulagé de constater que l'homme se cantonnait à moi… Ensuite… plus rien. La perte de conscience était certainement causée par la commotion cérébrale que je venais de subir… Quel acte de bravoure… Quelle force… C'était pathétique ! Je n'avais rien pu faire !

Tout ce qui se passa ensuite est encore plus trouble, j'étais certainement dans un état de semi-conscience vaseuse… On traina mon corps sur le sol rude, on me souleva, me jeta à terre… Le bruit des pas résonnait dans ma tête, le sifflement du vent également… On me déplaçait… Mais où m'emmenait-on ? Je l'ignorai… Qu'attendait-on réellement de cette sournoise attaque ? Une rançon ? Pourquoi ne pas simplement me dérober ma bourse ? Tant de questions et si peu de réponses… Toutefois, mes supplications silencieuses prirent fin au moment précis où une lame de rasoir vint entailler les veines de mon poignet et ou un poignard vint transpercer ma gorge. La douleur était étrange car elle m'apportait quelque part…une source de bienêtre… d'euphorie… de contentement… Délirai-je ? Comment une souffrance pouvait à la fois apporter maux et biens ? Mes mains se crispèrent, j'attrapais dans une étreinte désespérée tout ce qui se trouvait à proximité sans pouvoir en déterminer la source ou la nature. J'entendis mon râle… mélange paradoxale du souffle d'un mourant et de l'extase d'un amant… Étais-je mort ?



Dernière édition par William Van Aken le Ven 9 Jan - 20:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)   Mar 6 Jan - 20:51

Leyde – 1830 : Renaissance

Lorsque la conscience tenta de me réanimer, des sons étranges me parvinrent. La voix de mes agresseurs… floue… Ils tenaient des propos incompréhensibles. En moi, une douleur surgissait de mes entrailles… Bien loin de l'étrange allégresse qui m'avait assaillie au moment de ma mise à mort… Je brûlais ! Ils avaient certainement mis le feu à mes vêtements pour se débarrasser de mon corps mais… Je n'étais pas mort ! Non ! J'étais encore vivant ! Ma peau me brûlait, mes poumons s'embrasaient et mon cœur se déchirait. Aveugle de douleur, je tentais de me débattre mais mes forces étaient inexistantes… Chaque mouvement, chaque souffle était une souffrance sans nom.

« Alors c'est tout ? » disait l'un d'eux. Aucune réponse ne vint. Peut-être que son interlocuteur n'avait fait qu'un simple signe de tête. « C'est comme ça que le processus s'opère ? » Je poussais un hurlement strident. Mon corps était pris de convulsions, il se tordait et cela ne semblait pas perturber la conversation des deux autres. Ne m'entendaient-ils pas ? Ne pouvaient-ils pas m'abattre au lieu de me laisser agoniser de la sorte ? « Et ensuite ? » Je me tordais toujours de douleur, hurlant qu'on m'achève, hurlant qu'on éteigne l'incendie… Mes muscles, tendus, semblaient s'arracher doucement de mes ligaments, j'avais la sensation qu'on retournait ma peau comme un gant. Je ne voyais rien, les sons me paraissaient de plus en plus sourds, mon souffle était erratique et mon cœur menaçait de céder…« Il ne va pas crever maintenant au moins ? »
s'empressa de s'enquérir toujours le même individu.

Combien de temps. Combien de temps cette douleur sans nom asséna mon corps ? Je ne pus le dire…Je repris connaissance dans un état second et totalement déconnecté de la réalité.

J'étais allongé dans ce qui semblait être une cave. En fait, je ne me fiais pas à ma vue puisque mes yeux étaient toujours clos mais à mon odorat et à mon ouïe. La pièce semblait être posé sur de la terre battue… humide… moisie… L'endroit était clos. Une odeur de renfermé me le confirmait et l'écho régulier d'une goutte d'eau qui se répercutait sur les murs m'apprit que l'endroit était également… petit. Lorsque mes yeux s'ouvrirent, avec difficulté, je poussais un nouvel hurlement. Ce n'était pas un hurlement de douleur mais d'horreur car ma vision semblait me jouer des tours. Je n'arrivais pas à la contrôler. Je voyais des choses si petites en temps normal prendre des dimensions irréalistes, comme cette araignée qui me narguait et me toisait du regard. Ce que je voyais était déstabilisant… si net, si précis… Je refermai mes paupières et sentit un tremblement de rage secouer mon corps alors qu'un feulement remontait de mes entrailles. Cela provenait-il réellement de mes entrailles ? Je vous avoue que la première fois j'en doutai réellement et pensai qu'un chien ou un loup se trouvait près de moi.

Était-ce cela la mort ? Était-ce cela le paradis ? Par le Saint Esprit… J'avais plutôt fini en enfer mais… pourquoi ? Qu'avais-je fait pour mériter pareil châtiment ?

Il me fallut un temps certain pour reprendre le contrôle de moi-même. Le contrôle… en fait, je pensai reprendre le contrôle de moi-même mais ce n'était qu'un leurre. Lorsque j'étais enfin sur mes deux pieds, je pris le temps de m'examiner… J'avais été consumé par un incendie... Mon corps aurait dû être brûlé à plus de 90% et pourtant, rien. Aucune marque. Je ne saisissais pas… Je ne comprenais pas… Je n'avais pas encore remarqué la métamorphose de mon être. Je n'avais pas encore remarqué que mon cœur ne battait plus et que mon sang était figé dans mes veines, fossilisé en une substance dure comme la pierre. Je n'avais pas encore remarqué que ma vie était finie.

En une fraction de seconde je me mis debout et atteignis, d'un pas étonnement assuré, l'unique porte de la pièce. Il était étrange de voir qu'après les souffrances que j'avais endurées, mon pas ne soit pas chancelant ou claudiquant. Ma vue était toujours instable mais je tentais d'en faire abstraction. Dans mon esprit, étonnamment lucide, j'en vins à la conclusion qu'on m'avait certainement drogué… Je pris la poignée de la porte et la fit tourner avec plus de force que je ne l'eus cru… Celle-ci se brisa et tomba avec fracas sur le sol. Craintif, je fis un bond en arrière et observa la porte comme un animal qui attend le retour de son maître et qui sait qu'on va le battre. Mais rien. Aucun son. Personne ne se trouvait derrière la porte. Me redressant, tentant d'évincer l'étonnement d'un tel comportement, je me mis à avancer et ouvris la porte délicatement. Les charnières grincèrent. Le bruit me gêna. Trop fort… Passant avec précaution la tête par l'entrebâillement, je découvris un escalier que j'entrepris de gravir… Aucun son ne s'échappa des lattes de bois usagers et pourries… Mes pas étaient aussi souples et doux que ceux d'un chat… Tapi dans l'obscurité, je rejoignis la pièce principale de la mansarde.

Elle était vide.


Leyde – 1830 : Incompréhension

Mes muscles se relâchèrent… Je n'avais pas remarqué à quel point j'étais tendu… Mon regard balaya la pièce en quête de réponses… D'indices… Mais rien… Rien ne venait éclaircir cette blague de mauvais goût. Me dirigeant vers la porte d'entrée, j'entrevis par la fenêtre crasseuse la silhouette d'un homme qui se tenait debout dans le jardin sombre. Il ne bougeait pas. Il était figé. Toutefois, il regardait dans ma direction et semblait me voir aussi nettement que je le voyais.

Des images, floues, incohérentes, vinrent heurtées mon esprit. J'ouvris la porte d'entrée avec précipitation et m'engagea dans l'allée boueuse avec une dextérité hors norme. L'homme ne semblait pas inquiet… Il ne bougeait toujours pas et me fixait sans ciller. Un sourire en coin se dessina sur son visage blafard et ses yeux sombres me scrutèrent avec une curiosité malsaine. Il balança à mes pieds un paquet en papier kraft et dit d'une voix étrangement mélodieuse « Ce n'était pas mon
idée »
. Mon regard se posa sur lui. De quoi parlait-il ? « Mais c’est un jeu… Une sorte de rite initiatique qu’on s’amuse à perpétuer tous les 3 octobre... ». Il eut un imperceptible mouvement. « Vous ou un autre… Ça n’avait aucune importance… Vous êtes mal tombé c’est tout » Il haussa les épaules et continua de me fixer sans ciller.

Malgré la nuit noire qui nous accablait, je n'avais aucune peine à voir ce qui m'entourait. J'ignorai l'heure, le jour, le mois… J'ignorai qui était cet homme et les fondements de son discours… J'avais perdu la notion du temps et de l'espace. Depuis combien de temps étais-je là ? Cathelijn avait-elle prévenu nos parents ? La police ?

Mon esprit fut alors frappé violemment. J'eus la sensation qu'on me tirait une balle de révolver entre les deux yeux. Dans ma tête, il n'y avait plus que Cathelijn qui s'imprégnait et mon corps entier se mit à trembler. L'homme fit un pas en arrière et eut un sourire carnassier. « Vous êtes prometteur… ». Mon regard se fit sombre, assassin, bestial et un nouveau feulement remonta de mes entrailles. « N'oubliez pas cela… » Ajouta-t-il en pointant du doigt le paquet au sol. « Je vous contacterai prochainement… Enfin... peut-être... » D'un geste rapide, je saisis la chose et je me mis à courir sans me soucier de cette étrange personne… Curieusement, je ne craignais pas qu'il s'en prenne à nouveau à moi.

Je regagnai la route et observai les alentours. Je laissai le vent fouetter mon visage. Il portait une odeur saline… J'étais près de la mer ? Je repris ma course comme un dératé. Arrivée au bout de la route, une pancarte m'indiqua la ville dans laquelle je me situais. Katwijk. J'étais à plus de 10 kilomètres de Leyde et il me faudrait bien deux heures de marche avant de rejoindre ma sœur pour m'assurer qu'elle se portait bien.

Je me mis donc à marcher, puis à courir… courir bien plus vite que la normale. Etait-ce la peur ? La crainte ? En tout cas, il ne fallut même pas 15 minutes pour atteindre la ville ! Dans ma course, la nature filait à toute allure de part et d'autres de moi mais curieusement rien n'était flou… D'habitude, la vitesse ne vous laisse rien deviner du paysage, un peu comme lorsqu'on se trouve dans une diligence. Non, je distinguai le moindre détail, aussi infime soit-il, et j'entendais le moindre bruit. Sombrai-je dans la folie ? Mon esprit se focalisait à nouveau sur ma sœur alors que je traversais les rues désertes avec empressement. S'ils avaient touché à Cathelijn, à ma sœur, à ma chair, à mon sang, à mon âme… je… j'en aurai tout bonnement perdu la raison !


Leyde – 1830 : Home Sweet Home


Je gravis les marches à la volée, arrivant à l'appartement en moins de temps qu'il n'en eut fallu pour le dire. J'ouvris la porte avec plus de violence que je ne l'aurais voulu et pénétrai à la hâte dans l'enceinte sacrée de notre monastère. Mon oreille perçut un sanglot, mes mains crispées sur le paquet en papier kraft se relâchèrent et l’objet tomba à terre. Je ne m'attardai pas dans l'entrée plus d’une seconde, avant d'arriver dans la chambre de ma sœur. Elle était sur son lit, le visage ravagé par les larmes. Lorsqu'elle me vit, j'ignore si c'était l'étonnement ou la peur qui frappèrent ses yeux mais elle se redressa vivement. Je l'entendis murmurer mon prénom… « William » Elle le répéta deux, puis trois fois, alors que je me dirigeai vers elle. Elle se leva d’un bond et se précipita alors dans mes bras et là…

Il n'y a pas d'images assez violentes pour décrire cette force qui me frappa en cet instant. La folie s’empara tout bonnement de mon corps… Et les supplices qui m’avaient été infligés depuis cette soirée du 3 octobre devenaient presque dérisoires. Quelque chose brûla ma gorge, elle prenait feu, ma bouche devint plus sèche qu'elle ne l'était déjà et pour la première fois, je remarquai la proéminence de mes canines… Mes muscles se raidirent, comme si j'allais sauter sur quelque chose, j’avais la sensation d'être un prédateur à l’affut d’une proie. La vision des hommes dans la rue me revint en mémoire. Je repoussai ma sœur aimée aussi loin que je le pus et avec une force que je ne mesurai pas encore. Elle trébucha sur le lit pourtant loin et passa par-dessus dans un bruit ahurissant. Elle gémit de douleur et se redressa en s'appuyant sur le bord, échevelée, choquée. Elle me lança un regard d'incompréhension et je m'enfuis à grands pas dans ma chambre en claquant la porte car… C’était elle, la proie… Ma proie…

Ma rage n'arrivait pas à être contenue, j'avais la sensation de la détester tout en l'adorant. J'avais un sentiment d'insatisfaction. Quelque chose me démangeait… j'avais soif. Je me ruai sur mon bureau, le renversant avec autant de facilité que s'il avait été en papier, alors qu'il s'avérait être en bois massif, et dévastai l'intégralité de la pièce. Cathelijn poussa à ce moment précis la porte de ma chambre, glissant dans l'entrebâillement son visage. Son parfum virevolta à nouveau vers moi, éparpillant et mélangeant mes pensées. Je me projetai alors sur elle en un bon… Comme un chat qui saute sur une souris. J'allais la tuer… J'allais tuer l'unique être pour qui ma vie avait un sens… La moitié de ma chair. La moitié de mon âme. La moitié de moi !

Je lui saisis le visage entre mes mains, elle poussa un cri et j’entendis quelque chose craquer en elle. Je me souviens encore de la torture qui s'insinuait dans mon esprit et dans mon corps et du hurlement qui surgit de la gorge lorsque je m'éloignai d’elle, de son corps fébrile, alors que tout mon être me poussait à me jeter sur elle pour… la tuer… pour… m’abreuver. Je plongeai sur le sol, tentant d’oublier les battements de son cœur qui résonnaient dans mon être, l’écoulement humide et chaud de son sang qui affluait dans ses veines. Ne parvenant pas à faire abstraction de cette sirène… je me saisis la tête et me frappa rudement la tête contre le mur qui s’écailla et se fendit sous les coups.

Cathelijn semblait traumatisée, la bouche entrouverte, le regard fou, le corps tremblant… elle balbutiait des choses incompréhensibles… Elle ne comprenait pas mais je ne comprenais pas plus. Je retournai alors mon regard fou vers elle, « Tes yeux… » Murmura-t-elle avec peur. Je me relevai, la poussai à l’extérieure de la pièce avec quelques brusqueries et m’enfermai dans ma chambre. Je ne pouvais pas lui faire de mal, non… pas à elle… qu'étais-je devenu depuis ce soir là ? Je me voyais la tuer ! Je me voyais étanché ma soif avec son sang ! Mais que se passait-il dans ma tête ? Le pire, c'est que même si une partie de moi tressaillait devant ces images de boucherie, une autre part se réjouissait du festin à venir. Ma gorge se ferma avec une sècheresse douloureuse et je ne ressortis plus de ma prison. Ma chambre serait mon tombeau et j'en condamnai la porte malgré les hurlements de ma sœur qui me demandait de retrouver ma raison.

Les jours passèrent… je n'en doutai pas. J'entendais les bruits de l'extérieur comme si je me trouvais moi-même dehors. Cathelijn s'entêtait à me parler derrière la porte alors que je m'étourdissais à ne pas l'écouter. J'avais l'impression de m'affaiblir lentement alors que cela faisait peut-être plus d'une semaine que je n'avais pas mangé, bu et encore moins dormi… j'aurai déjà du mourir. Ma sœur m'avait compté le récit de la soirée où nous avions été attaqués. Ainsi que des deux jours d’angoisse où elle m’avait cherché et attendu. Elle me pardonnait mon excès de rage sûrement causé par le traumatisme de cet enlèvement mais je ne daignai pas l'écouter. Elle menaçait d'appeler nos parents mais je savais qu'elle n'en ferait rien… Le lien qui nous unissait était si fort qu'elle savait que je n'étais plus moi… non je n'étais plus moi… et cette conclusion atroce me sauta plus violemment au visage quand je compris que j'étais déjà mort… que mon cœur ne battait plus, que mon sang était inexistant et que mon corps était froid. Pourtant je pouvais encore penser, me mouvoir et parler… étais-je devenu un démon ? Un enfant de Satan ?

Je peux vous dire que sur le moment, de nombreuses questions assaillirent mon esprit. Aujourd'hui, elles ont trouvé une réponse mais à l'époque… qui aurait pu me dire ? J'étais né d'un jeu d'apprentis sorciers et laissé seul, moi le nouveau né, parmi les hommes.


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MessageSujet: Re: William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)   Ven 9 Jan - 20:46

Leyde – 1830 : Vérité

Les réponses me vinrent quelques jours plus tard. En réalité, elles étaient là depuis le début mais je n’y avais pas porté attention. Ma sœur déposa au pied de ma porte le paquet en papier kraft que j’avais laissé tomber quelques semaines auparavant, dans l’entrée de la maison, ainsi qu’une lettre qui m’était adressée. Lorsqu’elle fut sortie de la maison, je pris le risque de déblayer les meubles devant ma porte afin de l’ouvrir et de m’en saisir. Ma faim me rendait fou… mais la nourriture que ma sœur déposait en vain à l’entrée de ma chambre n'était pas ce que je voulais… Ce que mon corps désirait… C’était son fluide de vie… Son sang ! Et rien que d'y penser, la nausée, si elle avait pu venir, me prenait la gorge.

Refermant avec soin mon mausolée, j’entrepris de défaire les liens qui ficelaient le paquet et déchirai précautionneusement le papier marron. Des textes, recopiés à la main, formaient un dossier. Il y avait des extraits issus de la mythologie Grecque Antique, qui expliquaient que les ombres natives du royaume d'Hadès étaient friandes du sang de ses victimes humaines. D’autres, dataient de l’époque de l'Empire Romain et parlaient de Lamia, une goule nécrophage, reine des Succubes dévorant les fœtus et effrayant les enfants la nuit… Je ne voyais pas réellement où tout cela devait me mener et poursuivis donc ma lecture.

Un terme s’imposa alors à moi… Un terme du folklore… Vampires ! Au XIIe siècle, les vampires étaient censés être si nombreux en Angleterre, que les autorités religieuses brûlaient les soi-disant démons pour calmer la passion populaire. Plus tard, au XIVe siècle, Herenberg cita dans un essai scientifique deux cas de vampirisme, en 1337 et 1347, où les présumés coupables furent empalés et brûlés. De même, au XVe siècle, les épidémies de pestes furent l'occasion pour la population (surtout en Europe de l’Est) d'une véritable frénésie anti-vampire.

Mes yeux fixèrent alors un point invisible devant moi et les textes suivants, narrant les horreurs de la comtesse Elizabeth Báthory ou les premiers écrits de John Stagg en 1810 intitulé « the Vampyre » ou encore ceux de John William Polidori en 1819 qui inventa le personnage Lord Ruthven dans une longue nouvelle intitulée « Le Vampire » me passèrent au-dessus de la tête. Je venais de comprendre… Je venais de réaliser ce que j’étais devenu… Mais comment toute cette fiction pouvait-elle être vraie ? Comment était-ce possible ? Je tentai de reprendre ma respiration. Mes poumons s’emplirent d’air mais ce geste était inutile. Je reportai mon attention sur les derniers parchemins où je trouvais quelques explications supplémentaires. Le jeu du 3 octobre, les principes du rituel de résurrection, la nourriture, les contraintes, les lois, les référents de ce monde obscur… L’écriture du rédacteur était noble, propre, mature… Je comprenais rapidement qu'il devait s'agir du second agresseur… le guetteur… le maître ?

Une fois que mon esprit fut mis au courant de l'état dans lequel je me trouvais, je tentais de mettre fin à la condition... En vain… La seule méthode qui était parvenue à me toucher réellement fut le jour où j’ouvris mes volets en pleine journée. Dans le ciel d’un bleu immaculé, le soleil d’hiver brillait avec force… Il me brûla la peau littéralement. Mes mains, puis mes bras, s’embrasèrent. Étrangement, instinct de « survie » certainement, je m’étais abrité. Je voulais mourir. Je voulais mettre fin à cette chose que j’étais devenu et qui était dangereuse pour Cathelijn mais… Je n’y parvenais pas. Ma peau cicatrisa… Mes stigmates disparurent… Dans mon désespoir grandissant, la faim entravant les réflexions de mon esprit, je me demandais qui pourrait m'aider… qui pourrait me sauver… qui pourrait me rendre mon salut.

Je passais tout mon temps à lire et relire le contenu du paquet. Je devenais de plus en plus faible, mais de plus en plus bestial aussi… Je devenais, au fur et à mesure du temps qui s’écoulait, un cadavre en décomposition, et mon esprit commençait à perdre totalement sa raison. Désormais, j’envisageais toute sorte de plan pour assassiner ma sœur et me régaler de son sang. Et si notre lien n'avait pas été si puissant, j'aurais certainement mis en exécution ma violence. Laissant mon instinct prendre le dessus. Était-ce ainsi pour tous ? Pour tous les Vampires ? N'ayons pas peur du mot car voilà ce qui était, noir sur blanc, sur le papier parcheminé. Après réflexion, je me demandai pourquoi mes « créateurs » avait-il eu une telle sollicitude ? Pourquoi me donner tant de renseignements? Après que le mal fut fait ? Pourquoi ne pas m'avoir laissé le choix ? Avait-il peur des représailles que leurs lois pouvaient faire tomber ?

Les jours continuèrent à filer… Combien de temps ? Je l’ignore. Pleurant toujours devant ma porte, aiguisant mes sens de plus en plus primitif, Cathelijn continuait de m'appeler avec les cris du désespoir. Son inquiétude ne touchait plus mon âme qui avait certainement fui mon corps à l'heure qu'il était. Seules les bribes de mon esprit encore valide m'ordonnaient de ne pas lui répondre et de la convaincre de partir.


Leyde – 1830 : Noël


Finalement, ma délivrance arriva… Dans l'hécatombe que représentait à présent ma chambre, mes yeux se posèrent sur la lettre que Cathelijn avait jointe au paquet kraft quelques jours auparavant. J’avais totalement oublié ce courrier qui ne portait ni nom de destinataire, ni nom d’expéditeur. L’enveloppe contenait une lettre manuscrite qui m’indiquait un point de rendez-vous… Un rendez-vous qui devait se ternir le 24 décembre au soir à Katwijk… L’endroit même où ma vie avait pris un tournant tragique. Sautant sur mes deux pieds, j’entrepris de retrouver un calendrier mais je me rendis rapidement compte que j’ignorai totalement la date du jour…

Me blottissant alors contre la porte de ma chambre, j’attendis le retour de Cathelijn dans une position fœtale. Lorsque celle-ci poussa la porte de l'entrée, mes yeux tressaillirent d'envie et mes mains tremblèrent de désir. La faim me tiraillait encore et encore, toujours plus forte et violente mais si une personne pouvait être mon salut, ce ne pouvait être qu'elle… elle seule pouvait comprendre et me sortir de là. Ma voix, étouffée, la héla doucement. Je l’entendis alors retenir son souffle et son cœur s’accéléra… Ses pas, précipités, la conduisirent dans ma direction et elle se laissa tomber sur le sol. Elle me répondit… Curieusement, sa voix m’apaisa malgré l’odeur tentatrice qu’elle dégageait. Elle m’apprit la date… Nous étions la veille de noël… Ce soir, nos parents nous attendaient normalement dans la maison familiale pour le réveillon. Bien évidement, Cathelijn avait décliné l’invitation, prétextant que j’étais souffrant et qu’elle avait certainement attrapé le mal. Le mensonge était passé naturellement, nos parents, attristés cependant, ne posèrent aucune question.

Je devais donc partir ce soir et certainement de manière définitive… Mais avant de fuir… Avant de l’abandonner… Elle devait savoir. Cathelijn devait savoir la vérité ! Elle comprendrait forcément… Je pris donc la peine, avec grand mal, de lui parler et de lui expliquer ce que j’étais devenu. Ses larmes roulaient sur ses joues et s'écrasaient avec fracas sur le sol. Je les entendais… Toutes ! Elle me croyait. Elle avait compris… J’avais également compris… Je ne pouvais rester là car je n'étais qu'un dangereux prédateur pour elle mais aussi pour les autres. Ce qui m’arrivait, n’avait plus rien à voir avec un conte de fées couché sur du papier... C’était la réalité. Une réalité sombre et lugubre. Je lui fis une unique promesse, celle de revenir le jour où je serais « guéri ». Mais ce jour… n'arriva jamais et n'arrivera jamais, aujourd'hui je le sais. Bref, ce soir là, je disparus de sa vie et ma douleur fut plus forte que ma faim.

Le chemin jusqu’à la vieille mansarde ne fut pas difficile à trouver. Malgré les semaines qui s’étaient écoulées depuis l’étreinte, l’odeur que j’avais laissée sur mon passage était toujours présente. Il me fallut cependant plus de temps pour y retourner que pour en fuir… J’étais faible… J’étais un hideux cadavre en décomposition… A mon arrivée à Katwijk, une nouvelle odeur vint réveiller mes sens… L’odeur de mes semblables. Et c’est hésitant, craintif que je me rendis au point de rendez-vous. Là, deux hommes m’attendaient, figés comme des statuts de marbre. La neige qui tombait à petit flocons avait commencé à les recouvrir et pourtant, ils ne cillaient pas. Je reconnus sans mal mon assaillant et celui qui m’avait retrouvé sur le perron de cette demeure lors de mon réveil. Les fourrés non loin bruissèrent, me retournant vivement, mes yeux se posèrent sur un nouveau groupe de deux personnes. Ils tenaient fermement un homme par les cheveux. Un être humain. Un être vivant. Son cœur battait, il n’était pas l’un des nôtres alors que faisait-il là ? Est-ce un futur membre de leur ligue ? Etait-ce le petit déjeuner ?

« Quel dommage de constater qu’une si belle création se laisse dépérir… » Mon regard se posa sur mon interlocuteur. Il s’agissait de l’homme, enfin de la créature, qui m’avait remis le paquet kraft. « Je dois avouer que je suis surpris de voir une telle volonté chez un nouveau-né… Comment faites-vous pour résister ? » Son regard avait une lueur étrangement sincère avec une once d’incompréhension. Toutefois, je ne saisissais pas ce qu’il voulait dire. Il eut un imperceptible geste de la main et derrière moi, les deux autres vampires bougèrent. Ils lancèrent à mes pieds l’homme qu’ils avaient capturé. Mes muscles se contractèrent et mon corps se raidit. Il me fallut alors toute ma concentration pour m’interdire de sauter sur cet individu. « Fascinant… » Murmura toujours le même vampire. « Vous ne mourrez pas… Vous vous affaiblirez mais ne mourrez jamais… Vous resterez dans la douleur et dans la faim ad vitam eternam ! » Je lui lançai un regard sombre et il se mit à rire suivit de ses trois acolytes. Puis, il fit un geste de négation de la tête et soupira. « A votre guise… Mais vous ne pourrez point faire parti des nôtres… Nous ne désirons pas de brebis galeuses dans le clan… Vous êtes vraiment… Atypique… J’ai hâte de voir ce que cela donnera William Van Aken. » Comment savait-il mon nom ? La question allait franchir mes lèvres lorsque l’un des vampires se jeta sur l’homme à terre et enfonça dans son cou ses canines démesurées. L’homme hurla d’une force surhumaine et je fis un bon en arrière avant de plaquer ma main sur mon nez pour éviter que l’odeur du sang ne me rende fou.

L’homme mourut devant mes yeux horrifiés, telle une hyène, la créature gardait sa proie entre ses mains puissantes. Charognard qui vidait de sa vie un innocent ayant famille et amis. « Très bien ! » Tous regardèrent le vampire que je pouvais qualifier à présent de leader. « Allons-y ». Le groupe se déplaça rapidement pour se mettre derrière leur chef, abandonnant le cadavre encore chaud du paysan. « Pensez tout de même à exploiter vos nouveaux atouts… Si l’homme vous répugne à cause d’un surplus inconcevable d’humanité… chassez les animaux. » Le groupe grimaça de dégoût alors que leur chef s’inclina dans une révérence gracieuse. Puis, ils partirent… ils disparurent… me laissant seul. Moi, mes doutes, mes questions… Et ma nouvelle immortalité répugnante.
Vous concevrez certainement que ce passage de ma vie était le plus important puisqu’il fait de moi ce que je suis aujourd’hui… Vous le narrer avec plus ou moins de détails et de précisions était à mon sens essentiel. Maintenant, il me semble raisonnable de vous résumer les années qui ont suivies et qui ne méritent certainement pas autant de détails. Après tout, deux siècles à écrire vous prendraient une vie de lecture…


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MessageSujet: Re: William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)   Dim 25 Jan - 14:56

Pays-Bas – 1830 à 1860 : Inexistence

Ne m'étant pas résolu à étreindre une femme, un homme ou un enfant, et encore moins à me repaître du sang de ma sœur, j'avais fui la ville et je m'étais jeté sur la première chose qui avait l'air de pouvoir me sustenter sans abnégation morale…. Un cheval. Pour la première fois depuis ma création, je tuais pour me nourrir. A main nu et à coups de crocs, j’achevai l’animal en le vidant de son sang.
C'était une ignominie ! Je ne peux dire autre choses… ce goût atroce n'avait rien à voir avec les arômes suaves qui émanaient de Cathelijn ou avec l’odeur sauvage et forte qui provenait du paysan mais cela me permit toutefois de reprendre des forces. La mort, qui s’affichait depuis les mois de jeun sur mon corps, fuyait afin de donner place à la belle apparence qui était maintenant mienne. Me ragaillardissant par ce repas champêtre, tous mes sens s’activèrent et mon rationalisme refit surface. La lutte, pour ne pas dévier de ce mode de vie que je m’imposais, était perpétuelle. C'était un combat de chaque instant. Ne pas céder à mon nouvel instinct devenait une bataille quotidienne contre moi-même. Je savais par avance que le chemin serait rude et long et que, comme le chien qui teste son maître, mon instinct testerait ma foi toute mon existence.

Me raccrochant à l’unique « chose » qui me permettait de ne pas sombrer dans la folie et de conserver mon "humanité", à savoir ma sœur jumelle, je pris donc spontanément le parti de me nourrir d'animaux… rats, vaches, chevaux, chiens, chats… tout ce qui me passait sous la main. J’aspirais à croire que je n’avais pas totalement perdu mon âme, comme le disait les livres bibliques, et que je maintenais encore mon humanité en adoptant ce mode de vie. Je ne fréquentais aucun lieu pouvant me détourner du « droit chemin » et vécus en total ostracisme pendant un temps qui me sembla considérable. Sans le lien mystique qui me reliait à Cathelijn, je pense que la raison m’aurait fui et que je serais devenu un vampire primitif, agissant par instinct et me sustentant de sang humain... de votre sang. D’ailleurs, je suis certain que ce rapport qui nous unissait par le passé, perdure par delà la mort, et représente à ce jour encore l'unique rempart qui me permet de ne pas quitter la voie que je me suis tracé au prix de nombreux sacrifices.

Après dix années d’errance, dix années où mon visage et mon corps ne changèrent point, dix années sans entendre de la musique, sans lire, sans parler à un être doué de pensée, sans revoir Cathelijn, je finis par rencontrer les « miens ». Il était normal que je les nomme ainsi car nous étions du même acabit, nous étions des chimères, des monstres. Certains dénigraient mon mode de vie, d'autres l’ignorait et quelques-uns étaient curieux d’en savoir plus et l'encourageaient timidement. J'appris même que je n'étais pas le seul vampire à faire abstinence du sang humain. Cela m'encouragea à poursuivre mon travail sur moi-même et à trouver mes « semblables », ceux qui avaient fait vœux de « privation ».

Ce souhait m'amena alors à une douloureuse conclusion : Je devrais quitter le pays afin de parcourir le monde. Cette idée, bien qu’alléchante en soi, me contrariait fortement… En effet, si ma mère et mon père me manquaient, ce n'était rien à côté du vide que ma sœur laissait dans mon existence. Je décidai donc de la retrouver, trente ans après notre séparation de noël 1830.

Ce ne fut guère difficile de trouver sa piste. D’une part parce que son odeur était toujours présente à Leyde et d’autre part parce que mes sens me ramenèrent à elle. Les liens qui nous unissaient via notre nature gémellaire devaient être exacerbés par ma condition et ce qui jadis appartenait au parapsychologique, dépendait maintenant du fantastique. Je fus surpris de constater qu’elle habitait toujours le même appartement, celui que nous avions lorsque nous étions jeunes adultes. Elle n’avait donc jamais déménagé… M’avait-elle tout simplement attendu ?
Lorsque la nuit tomba, je me glissai à l'intérieur du vieux logis et constatai qu'elle y vivait seule. Elle était assise dans un fauteuil, le visage marqué par le chagrin et la vieillesse. Elle avait maintenant plus de cinquante ans et n'avait pas gardé comme moi le visage de sa prime jeunesse. Je n'eus pas besoin de prononcer un mot, elle chuchota mon prénom et je vis un sourire se dessiner sur son visage. Elle m'avait senti comme moi je la sentais… Elle m’attendait… elle m'avait attendu sagement pendant toutes ces années. Un sentiment étrange m’envahit, de la culpabilité… J’étais encore capable de ressentir ce type d’émotion. Inspirant profondément, je me rendis compte que son parfum était désormais moins attrayant… Ô ! Elle sentait toujours divinement bon mais je réalisais à présent que la faim du nouveau-né était la cause de toute cette instabilité et de cette violence qui m’avait assaillie.

Puisque je pouvais résister à l’appel de son sang, je pris la décision de rester avec ma sœur jusqu'à sa mort. La recherche de mes « semblables » pouvait bien attendre encore quelques décennies. Elle décéda le 3 octobre 1888, à l'âge de 84 ans. Pendant toutes ces années, où je m'étais caché près d'elle et me nourrissait d'animaux la nuit venue, elle n'avait cessé de me demander de faire d'elle ce que j'étais devenu. Elle voulait rester près de moi pour toujours afin de me protéger et de me veiller. Son désir le plus cher était que l’on puisse vivre nos rêves fantastiques pour l'éternité. Néanmoins, je m'étais résigné à ne jamais accepter cette demande et ce… jusqu'au jour où sa main décharnée lâcha mes doigts qui la guidaient vers un sommeil éternel. Ce jour là, je mourus pour la seconde fois et je ne comprenais pas pourquoi le monde ne s’arrêtait pas de tourner. Par tous les Saints… Cathelijn était morte… Elle m’avait quitté… Je l'avais vu vieillir… Je l’avais vu mourir… Avais-je fait le bon choix en lui refusant l’immortalité ? Ses dernières paroles me hantent toujours « William… Serons-nous à jamais séparés… pourquoi ne m'as-tu pas laissé te rejoindre… » Mais, les contes de fées n'existent pas et seul l'horreur était dominante dans ce monde… Lui infliger de la souffrance n’avait jamais été mon souhait et ma condition n’était que souffrance…


Europe et États-Unis – 1860 à 1960 : Parcours atypique pour vampire atypique

Mourir avec Cathelijn était mon désir le plus cher mais ma damnation semblait ne pas avoir de fin. Plus rien ne me retenait aux Pays-Bas… plus de famille ou d'amis. Après avoir revendu les biens qui restaient en notre possession, à l’exception de mon piano, je quittai le pays. Voyageant en Europe principalement, l’Allemagne, la Belgique et la France furent mes terres d’accueil jusqu’en 1930. Chaque pays me permit de perfectionner mon mode de vie inhabituel pour un vampire et d’approfondir mon savoir intellectuel. Littérature, sciences et arts… chaque domaine m’intéressait et l’éternité qui s’offrait à moi me permettait de les découvrir et de les apprendre. Puis, fin 1930, j’embarquai pour le « nouveau monde », quittant le vieux continuant pour les Etats-Unis.

Là-bas, j’appris l’existence d’êtres et de créatures fantastiques dont j’ignorai jusqu’alors l’appartenance à notre monde. Ainsi, loups-garous, centaures, géants, trolls, fées ou encore sirènes ne sortaient pas simplement de l’imaginaire collectif… Tout comme les vampires, ces êtres légendaires vivaient bel et bien parmi nous mais restaient cachés aux yeux des simples mortels. Difficile à croire que tous les contes pour enfants étaient en réalité inspirés d’histoires vraies que l’on tentait stupidement d’oublier et de cacher. Cette réalité alternative dérangeait l’ordre public et était farouchement protégée. Seuls quelques « élites » connaissaient notre existence et défendaient à nos côtés l’harmonie de nos vies respectives.

Dans ce monde plus complexe qu’il ne le paraissait, certaines « entités » ou « races » dominantes tentaient d’apposer son joug au travers de lois et de décrets. C’est le cas des sorciers et de certains « humains ». Et oui, les sorciers aussi ne font pas partie uniquement du folklore littéraire mais bien de ce monde dans lequel vivent 6 milliards d’individus ! Je ne vous parle pas là des magiciens que vous rencontrez dans les cirques et qui s’amusent avec des tours de passe-passe mais réellement de sorciers, dotés d’une énergie magique. Les sorciers ont pris comme ligne de conduite de se cacher des humains normaux qu’ils appellent communément « moldu ». Des accords entres eux, humains et sorciers, mais aussi avec les vampires, les loups-garous, les centaures et toutes les créatures ou êtres dit « magiques », furent signés afin de sauvegarder l’harmonie entre les peuples.
Certains se retrouvèrent sous leur tutelle tels les elfes (encore appelé elfe de maison) et d’autres gardèrent leur indépendance comme les vampires. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les vampires possèdent également une structure interne bien particulière, avec une famille dominante, fonctionnant sur un schéma de type monarchie absolue. Cette famille veille au secret de l’existence et surveille la naissance des nouveaux nés afin qu’aucun débordement n’ait lieu. Enfin, je ne rentrerai pas dans ces détails pour l’instant, nous verrons cela ultérieurement car chaque « peuple » à son histoire… En effet, l’histoire ne se cantonne pas uniquement à celle des humains normaux avec leurs prouesses technologiques et leurs guerres atroces telles la première et la seconde guerre mondiale. Non ! L’histoire « du monde » englobent aussi les évènements des peuples fantastiques avec des faits important comme l’avènement en 1997 du plus grand mage noir de tous les temps chez les sorciers ou la révolte des gobelins en 1584 ou encore le massacre de la population mexicaine par les nouveau-nés vampires en 1648.

Personnellement, je n’ai jamais tenté d’intégrer cette communauté magique, celle des sorciers cela va s’en dire, car j’avoue que ma condition personnelle était déjà suffisamment étrange sans que j’intègre une espèce de « secte », regroupant des hommes et des femmes dérangés, aux pouvoirs magiques parfois mal contrôlés et aux mœurs insolites. Malgré ma condition, je tiens tout de même plus de l’humain que du sorcier… Leur univers ne m’intéresse donc pas.

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MessageSujet: Re: William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)   Mar 27 Jan - 21:22

Seattle – Etat de Washington : 1960 : Impair

Les États-Unis me permirent également de m’intégrer à nouveau dans la société de manière active. Malgré ma condition, je tentais de mener une vie « normale », puisse-t-on parler de normalité dans mon cas. Je vivais toujours à l'écart des villes, en campagne, loin de toute agitation. En 1935, je pris tout de même la décision d’offrir ce savoir accumulé aux autres. J’acceptai alors un poste d’enseignement à l’Université de l’Iowa et dispensai des cours du soir. Je perpétuai ainsi le rêve de ma sœur : L’enseignement.

Jusqu'en 1950, je crois que je ne fis rien d'inconsidéré… je pesai constamment le pour et le contre de mes choix, analysant mes opportunités. J’arpentai l’ensemble du territoire américain dans l’espoir de trouver mes « semblables » mais rien. La solitude commençait à me peser depuis la perte de ma sœur et les rares vampires que je croisais s'avéraient être des barbares assoiffés de sang ou de pouvoir. Toutefois, mon nouveau mode de vie m’apportait beaucoup et brisait ce cercle vicieux de solitude et d’isolement dans lequel je me confinai depuis des décennies. Cependant, il me fallait fréquemment changer d’états afin de ne pas attirer l’attention sur moi mais, cette vie de bohème convenait bien à mon « âme » d’artiste. Minnesota, Dakota du Nord, Montana puis Idaho, les états du nord m’offrirent de nombreuses possibilités d’embauche dans les différentes universités que je croisai.

Mon premier et unique impair fut commis en 1960 à l'université de Washington se trouvant à Seattle. Pendant cinq années, j'y enseignai les mythes et les légendes à travers le monde à des élèves d'un cursus littéraire. Une jeune fille, particulièrement perspicace, ne loupa aucun de mes cours, aussi tardifs furent-ils. Son impétuosité, son intéressement, ainsi que sa fièvre d'apprendre me mirent dans une situation délicate. En effet, il n'était pas rare qu'à la fin des cours nous prenions le temps de parler devant un verre (le mien restant désespérément plein) afin d'approfondir les thèses étudiées en cours. En sa présence, je tentais de passer pour ce que je n'étais pas… mais ce manège ne dura pas longtemps car Rachel, tel était son prénom, finit par s'amouracher de ma personne. J’avais pourtant pris soin à ne pas laisser cette « aura » de séduction, propre à chaque vampire, la toucher… Mais je n’avais certainement pas fait suffisamment attention.

D'un point de vue physique, nous n'avions pas grande différence d'âge, elle avait 21 ans et moi 26… mais c'était sans compter sur ma condition. Cela n'aurait donc peut-être pas choqué que nous soyons « ensemble » même si d'un point de vu juridique, sortir avec une étudiante n'était pas du meilleur goût, même pour une matière optionnelle. Néanmoins, je n'étais pas attiré par elle, j'avais juste une forte sympathie et j'appréciais son intelligence. De plus, il m’était inconcevable de vivre avec une humaine… Vivre avec ma sœur avait déjà relevé du défi au quotidien pour ne pas la blesser ou pire la tuer, alors imaginez donc une relation plus intimiste… Je pense que les vampires n’ont pas le droit à ce genre de chose, les plaisirs humains leurs sont proscrits à jamais, à moins de trouver une âme sœur du même acabit…

Lors de sa troisième année, j'envisageais de changer de faculté mais ne le fit pas… Grave erreur ! Son attirance devint de plus en plus pesante et mes rebuffades ne mirent pas longtemps à alimenter son cerveau sans faille. Les cours que je lui donnais et les situations auxquelles nous avions fait face, lui permirent de tirer la conclusion sans appel que j'étais un « vampire ». Elle le voyait au sens hollywoodien de la chose mais elle avait mis le doigt dessus. Prenant de gros risques, aussi bien pour elle que pour moi, je décidai de lui expliquer la vérité. Ce qui était mythe et réalité. Son attention n'en fut que plus ardemment retenue. Sa fascination pour moi, pour ce que j'étais, devint une obsession et elle ne mit pas longtemps à me faire la même demande que Cathelijn. Elle voulait elle aussi l'immortalité. Je lui refusai tout nettement. Après tout, j'étais toujours resté sur mes positions à ce sujet pour ma sœur alors pourquoi les changerai-je pour une « inconnue » ? Hélas, mon verdict fut vite affecté par un élément nouveau. Rachel révéla une maladie incurable qui lui laissait entrevoir six mois à un an de vie maximum. Une fatalité à laquelle elle aurait préféré céder sa place… Et moi, j'aurais également bien cédé la mienne.

Faut-il en dire d'avantage ? Je n'avais jamais touché le sang d'un être humain et je ne voulais pas devenir le monstre que je combattais seul depuis plus de 150 ans. Pourtant, cette jeune fille brillante, douce et gentille, méritait-elle de mourir ? Ne pouvais-je accéder à sa demande ? Je ne l’avais pas fait pour Cathelijn, mais elle, elle était morte de sa « belle » mort… elle avait vécu… enfin si le monastère dans lequel elle s'était contrainte à vivre était une vie… Il fallait prendre une décision et vite. La solitude me pesait. La mort l'angoissait. Pour la première fois, j’avais l’opportunité de « trouver » une compagne et après des jours et des jours de réflexion, je daignais accéder à sa demande. Et aujourd'hui encore… je le regrette…

Me souvenant encore de ma propre métamorphose, de ma souffrance, de ma peur, de mon égarement et surtout de ma soif, je lui promis de ne pas la laisser seule… Il n’y avait aucun doute à avoir, je serai présent avant, pendant et après afin de la guider, de l’aider et de lui expliquer. Lorsque mes canines pénétrèrent la chair de son cou et que le goût de son sang afflua dans ma bouche, l’unique chose qui m’obséda était de ne pas la tuer. Mes mains se resserrèrent sur son corps fragile, les siennes se perdirent aléatoirement, fourrageant mes cheveux et tentant de m’arracher ma peau marmoréenne. Je connaissais la théorie… Amener son cœur jusqu’au dernier battement et lui faire boire mon propre sang avant de la laisser mourir pour mieux renaître.

Je parvins à réussir l’opération, malgré la difficulté que cela représentait… Pour moi qui n’avais encore jamais goûté de sang humain, celui de Rachel réveilla la « Bête » qui sommeillait dans mes entrailles. Les saveurs étaient si subtiles, si douces, si étourdissantes… Elles m’enivrèrent comme l’alcool enivre les humains, comme la drogue grise le toxicomane, et mirent mes convictions et ma foi à rude épreuve. Nonobstant, je pus m’arrêter à temps mais le reste ne suivit hélas pas… Lorsqu'elle fut immortelle, lorsqu'elle devint vampire, Rachel révéla une facette de sa personnalité enfouit au plus profond d'elle-même. Une part d'inhumanité horrible qui se vivifia au grand jour de sa nouvelle condition. Elle refusa tout nettement mon programme alimentaire et commença à chasser avec son instinct de prédateur des hommes, des femmes et des enfants. J'avais lancé sur Seattle un tueur sanguinaire… Une bête sauvage totalement incontrôlable.

Ma culpabilité atteignit des summums et je ne pouvais me regarder en face. Je tentais en vain de la ramener à la raison et n’arrivais pas à me résigner à l’éliminer. Toutefois, si je ne trouvais pas rapidement une solution le groupe dominant de la région viendrait lui-même la détruire et très certainement me détruire au passage. Il fallait rapidement qu’une décision soit prise avant qu’elle ne commette encore plus d’atrocité. Finalement, un soir où je m’étais décidé à agir, Rachel tomba nez à nez avec un groupe de vampires nomades. Trop sûre d’elle, elle les attaqua de front, faisant fi de mes recommandations passées. Son arrogance fut servie puisqu’elle perdit la bataille mais ne fut pas anéantie… Étrangement, le groupe décida de la recueillir et de parfaire son « éducation ». Entendez par là de lui apprendre à chasser avec plus de stratégies. Ils ne faisaient qu’une halte dans cette ville et prévoyaient de monter vers le nord pour se « cacher », je ne pus que consentir à son départ en les hâtant de quitter la ville. Depuis lors, je n'eus plus jamais entendu parler d'elle et je quittai à mon tour le pays pour rejoindre l’Angleterre.


Royaume-Uni - 1960 à 2019 : Mais la « vie » continue…

De retour en Europe, il me fallut un certain temps pour recouvrer mes sens de « vampire civilisé ». En effet, la transformation de Rachel m’avait obligé à goûter le sang humain et la réaction fut relativement inattendue. Mon corps était en état de manque, tel un toxicomane qui retombe dans la drogue, je venais de toucher au fruit défendu et… J’aimais ça. Les quelques mois qui suivirent, je me laissais tenter par les banques du sang puis, par les fanatiques humains du vampirisme qui offraient gracieusement leur « service » lors de soirées macabres. Des sortes de « prostitués » du monde obscur qui appréciaient d’être une collation sur patte, juste pour « approcher » ses êtres qui les fascinaient tant. Toutefois, il ne me fallut pas longtemps pour réaliser que plus je m’abreuvais de sang humain, plus mon corps en réclamait et plus je retrouvais des instincts primitifs et bestiaux. Cette vie de débauche ne me convenait pas… car elle était synonyme de déshumanisation. En effet, il m’était impossible dans l’état actuel des choses de mener une existence « presque » normale et de retourner à l’essentielle… L’enseignement.


Abandonnant cette nouvelle lubie et fuyant les villes, une petite décennie de vagabondages me permit d’axer à nouveau ma raison sur le bienfondé de mon mode de vie. Lorsque mon régime alimentaire redevint animal uniquement, j’entrepris ma réinsertion sociale dans les années 70.

Avant tout, je fis un retour aux sources en rejoignant les Pays-Bas. J’étendis mon périple vers l’Allemagne dans les années 80 avant de rejoindre la Belgique où je repris tranquillement l’enseignement au Centre Universitaire du Limbourg vers 1990 (sachant que dans cette partie du pays, la langue utilisée est le néerlandais). Puis, comme lors de mon premier parcours initiatique, je pris le temps de retourner en France. Enfin, je rejoignis le Royaume Uni fin 2002. Angleterre, Écosse et Irlande… Je finis par m’installer au Pays de Galles en 2014 et repris à nouveau le chemin de l’enseignement en 2015 dans l’université de Bangor.


4) Vous, derrière votre écran (facultatif)


∞ Pseudo : Cy (prononcé ciaï comme pour Cyclop en anglais)
∞ Hobbies : Musique (piano), Théâtre (classique et moderne), Cinéma, Lecture, JdR, Internet
∞ A quel moment et à quelle fréquence vous vous connectez (pour savoir quand on peut vous croiser ici) : Au moins une à deux fois par semaine.
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∞ Qu’est-ce qui vous a poussé à vous inscrire : Cette fameuse amie.




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MessageSujet: Re: William Adriaan Jeroen Van Aken (Terminé)   Mar 10 Fév - 19:30

Commentaire : Une longue.. longue fiche, mais très agréable à lire, alors vous êtes pardonné. Bienvenue.

Métier : Vous êtes sans doute recensé auprès du ministère de la magie, qui garde un œil sur toutes créatures arpentant le territoire (ou du moins qui essaie), il faudrait donc que vous alliez poster votre CV et candidature au ministère, même si vous enseigner chez les moldus.

Don ou particularité : Vampire

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